Lo Bohaussac

Le site bohaires.fr utilise le terme "bohaussac" pour désigner les bohas fabriquées avant 1970, ainsi que leur répliques récentes.

"Bohaussac" n'est pas le seul mot désignant ces instruments. Cette convention est destinée à distinguer dans ce site les bohas d'organologie ancienne de celles d'organologie moderne.

Voir terminologie

Détails de la "Claouriot" et de la "Padère" Bohaussacs

> Études des bohaussacs
"Claouriot"
et "Padère"



Prononcez "bou-Hao-Sac"

La cornemuse des landes de Gascogne était désignée de diverses façons > Terminologie.

Elle était jouée autrefois sur une partie de ce qui correspond aujourd'hui aux départements des Landes, en Gironde, Lot-et-Garonne et le Gers. > Aire de jeu XIX°

Origines

Son organologie lui confère une place à part parmi les cornemuses de France, une "étrangeté" qui suggère l'importation. Pourtant, tous les types de cornemuses ont été pratiqués à travers l'Europe au long des siècles.

Ses formes et décorations partagent d'évidentes similitudes avec la duda et autres cornemuses d'Europe centrale, mais aucune filiation n'est établie. La seule évidence est que lo bohaussac est devenu un instrument typiquement Gascon, "n'ayant pas son pareil" pour mener la danse.

Sonorité

Un seul enregistrement nous est parvenu. Quelques fac-similés tentent aujourd'hui de jouer au plus proche des anciennes cornemuses des landes de Gascogne.
> À la recherche du son perdu

Plusieurs écrits l'attestent au long du XIX°, les personnes collectées la considèrent comme coutumière de la région. Son histoire plus ancienne, si on se réfère au témoignage de l'Art sculpté, se confond avec celle de la grande famille des cornemuses, très prolifique dans la France à partir du XII°.

Usages

Cornemuse populaire, (le terme de "pastorale" ne s'accorde pas avec les activités multiples des musiciens de son époque), la boha s'utilisait plutôt comme un instrument soliste, sonnant des mélodies de danses (rondeaux, congòs... ) grâce à ses possibilités polyphoniques et rythmiques d'accompagnement. Les bohaires animaient des bals, fêtes, cérémonies, toutes les occasions de jeu non académiques.
Des concours furent organisés fin XIX° siècle, un peu partout dans l'aire de jeu. Elle fut très prisée jusque dans les années 1920. Quelques sonneurs comme Jean Lestage ou Jeanty Benquet participèrent à des groupes folkloriques jusque dans les années 1950.

Les bohaires

Une quarantaine de sonneurs traditionnels ont été répertoriés dans l'ouvrage "La cornemuse des Landes de Gascogne" parmi lesquels :
- Dubourg père et son fils Claouriot de St-Symphorien (33)
- Jean Germain Lestage du Sen de Labrit (40)
- Pierre et Léon Mondineu de Sauméjan et Pindères (47)
- Justin "Jeanty" Benquet né à Pindères (47)

A la fin du XIXe siècle,

Félix Arnaudin recueillit des témoignages de "sonneurs routiniers" et lui consacra une partie du 1er tome de son œuvre Chants populaires de la Grande Lande (1912).

Au début du XXe siècle,

Elle fut peu à peu délaissée au profit d'autres instruments plus modernes, en particulier l'accordéon.

Sur les quelques 30 bohaires qui demeuraient dans les années 1920, Justin alias Jeanty Benquet est considéré comme l'un des derniers bohaires de "tradition populaire".

Il mourut en 1957.


Quelques bohas anciennes : Lestage, Claouriot, Bellegarde et Mougnères

Bohaire de Casteljaloux Cliché Mondineu - CP coll. J. Baudoin


Aire de jeu au XIX° siècle

Elle correspond à une zone géographique recouverte actuellement par la forêt des landes de Gascogne, sur les départements du Gers (32), de la Gironde (33), des Landes (40) et du Lot & Gne (47).

Aire de jeu à la fin du XIX° siècle

(1) Présence de cornemuseux révélée par l'enquête de L. Mabru
(2) Aire d'utilisation de la Boha d'après la présence de termes la désignant
(Cartes : Lothaire Mabru - La cornemuse des Landes de Gascogne)

 

"Aire de jeu" à partir de 1970

La boha connait dans Sud-Ouest de la France un essor et un engouement remarquable. L'instrument est parfois pratiqué bien au-delà, par des musiciens du monde entier, attachés aux musiques traditionnelles, ou séduits par son timbre.

L'essor de la pratique de la boha depuis 1970